MH : Monument Historique

Montagnac, ville de l'Hérault d'environ 3000 habitants, se situe sur la route départementale 613 menant à Mèze, entre Béziers et Montpellier.. voir sur la carte.

Comme toutes les villes Montagnac possédait son blason, décrit par : « d'azur, dans le champ, globe de sable surmonté d'une croix haute d'argent en pal, fleurs de lis à dextre, fleurs de lis à senestre d'argent, écu accolé à deux branches de laurier ou supports dits ornements renversés, formant couronne».

Un élément important de l'environnement au Moyen Age est constitué par le décor sculptural et pictural des maisons. Leur extérieur est paré de culots ornés d'animaux fantastiques. Les motifs sont assez variés, avec des lions terrassant les bovidés, des rinceaux de « feuilles d'eau » et même quelquefois de véritables portraits de pierre. Le décor intérieur des maisons est aussi important. Les façades, elles, se transforment plus lentement et les baies restent prédominantes.

L'hôtel des Comtes de Brignac présente un réel intérêt historique pour Montagnac.

 

L'origine médiévale de cet hôtel est incontestable, et même si la façade sur rue de cette demeure a vraisemblablement été remaniée au XVIII° siècle, la structure portante reste médiévale.

Cet hôtel possède de très admirables plafonds peints gothiques qui le rattache à tout un courant aristocratique de cet apogée du Moyen Age local. II est bien évident en effet que cette construction, de par sa conception et son décor, fut la plus cossue de tout Montagnac pendant plus d'un siècle.

Le plafond peint est celui du premier étage (sous le plancher du deuxième étage).

Le décor qu'on y trouve est d'une qualité exceptionnelle tant sur le plan du registre iconographique, du style et de l'esthétique.

Si l'on met à part les frises colorées comprenant surtout des marguerites stylisées qui ornent les poutres, on note 3 types de représentations qui composent les 90 petits tableaux :

- des blasons
- des animaux, stylisés ou fantastiques
- des scènes à plusieurs personnages

Dans l'illustration et la symbolique de ces oeuvres s'accumulent les influences antérieures les plus diverses (du filet roman aux miniatures historisés gothiques), ce qui pose le problème de la datation, heureusement certains détails caractéristiques nous permettent de les situer dans le temps.

En 1783, l'hôtel de Brignac était encore « intact ». C'est-à-dire qu'il n'était pas divisé en différentes parcelles et son bâti était semble-t-il toujours entier. L'escalier à vis y tient une place centrale, desservant l'ensemble du bâtiment. Des galeries, autrefois ouvertes sur la cour, sont présentes dans la partie que nous étudions.
 

Une Page d'histoire sur Montagnac

Avant 1209, Montagnac appartient à la vicomté d'Agde. Montagnac rachète son fief aux évêques d'Agde et se « donne » à St Louis dès 1234, soit 27 ans avant la cité voisine, Pézenas. Cette donation « librement consentie » à la couronne de France, s'accompagna très vite de privilèges royaux.

Par l'entremise d'un sénéchal tout gagné à sa cause, Simon de Briseteste, la ville obtint un premier privilège royal en 1290. Montagnac peut ouvrir la foire dite « de la Décollation de St Jean-Baptiste », le 29 Août, foire qui devint rapidement l'un des grands évènements commerciaux de la vallée de l'Hérault. Montagnac bénéficia d'un sérieux coup de pouce, puisque deux nouvelles foires purent s'établir : la première créée en 1295 se tenaient à la St Hilaire, le 14 janvier ; la deuxième, « la foire de la mi-carême », le fut en 1330. De plus, elles passèrent de 6 à 10 jours.

La région de Montagnac-Pézenas devient la plaque tournante du commerce de la draperie languedocienne, puis quelques matières premières, produits agricoles et petits objets manufacturés.

Pendant ces foires les villes de Pézenas et de Montagnac prenaient un aspect inaccoutumé et «une activité extraordinaire régnait partout : les aubergistes s'affairaient, les particuliers désertaient leurs maisons et leurs appartements, on équipait des greniers, des mansardes en chambres, car il fallait loger toute cette population hétéroclite : toutes les habitations se louaient et pour loger le plus de monde possible les familles piscénoises et montagnacoises émigraient au dernier étage de leur maison»'. Ainsi naît et se développe une bourgeoisie marchande dont on désigne d'abord ses membres par « hoste » (hôtelier) ou marchand.

Au cours du XVI°s les foires sont trop nombreuses. Le poids des impôts et la spéculation immobilière font perdre aux foires de Montagnac leur influence dans la région.

La fin du XVII° et le XVIII° siècles furent des périodes terribles pour le village : Beaucaire prend de plus en plus d'importance ; les grandes foires d'étoffes sont ruinées par le développement des « indiennes ». Les foires de Montagnac se transforment en simple marché de matières premières. En 1771, le nombre de foires est réduit à 3 par an.

Petit à petit l'activité agricole prend le pas sur l'activité commerciale. Jusqu'à la guerre 14-18, les progrès de la vinification et de la viticulture assurèrent une évidente prospérité et instituèrent un véritable progrès matériel.

Au XVII° siècle, les rues les plus bourgeoises s'ornent de belles demeures, et une promenade dans Montagnac nous rappelle cette période faste quand on découvre ce qui reste dans la rue Malirat de l'Hôtel de Thémines, dans la rue Lafayette, des Hôtels de Philippe Rat ou de Jean De Rat, dans la Grand'rue, de l'Hôtel Gilibert et dans la rue Montbel, de l'Hôtel Pégat.

 

Nous remercions pour leur confiance :

• Avenir Finance Immobilier (Lyon),


Pour nous avoir facilité les démarches de recherche, patrimoniales, historiques, et architecturales :

• la Mairie de Montagnac, représentée par Monsieur Fages, Maire de Montagnac, et son équipe municipale dynamique,
• le Service de l'Urbanisme, par l'intermédiaire de Madame Cayrol,
• architecte du Patrimoine: Monsieur Claude Azémar,


Architecte Concepteur :

• Michel Escande (Avignon)